3e anniversaire de la disparition de la romancière et poétesse Dihiya Lwiz

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Dihya Lwiz, de son vrai nom Louiza Aouzellag, est une romancière et poétesse kabyle, née en 1985 à Bgayet {Béjaia}. Elle est décédée à fleur d’âge, le 30 juin 2017 suite à un cancer, alors qu’elle n’avait que 32 ans.

Native du village Taourirt d’Ighzer Amuqran, Dihya Lwiz était perçue comme une étoile montante qui avait beaucoup de potentiel mais qui s’est éteinte trop vite. Elle avait écrit deux romans en langue arabe : « Un corps m’habite », publié en 2012 et qui raconte l’histoire d’une femme qui essayait de poursuivre ses ambitions dans une société qui l’étouffe, et « Je me projetterai à tes pieds », publié en 2013. Ce dernier s’inspire des événements de 2001 qui ont endeuillé la Kabylie.

Lauréate du prix Mohamed Dib

Une année plus tard, la défunte romancière participe à un recueil de nouvelles en tamazight, “Ifsan n Tamunt”, qui porte la signature de 11 auteurs amazighs d’Afrique du Nord, où elle a été publiée sa nouvelle en kabyle « Berru » (Divorce). En 2016, elle obtient le prix Mohamed Dib pour son roman en kabyle intitulé « Gar igenni d tmurt » (Entre ciel et terre). Un premier essai en sa langue maternelle qui a été accueilli avec enthousiasme par les lecteurs. Ses œuvres sont toutes marquées par la mise en scène d’héroïnes femmes comme personnage principal. Dihiya Lwiz avait aussi laissé plusieurs textes poétiques écris dans les trois langues kabyle, arabe et français.

Cette talentueuse romancière était d’ailleurs connu pour son engament qui se manifeste à travers ses écrits. En effet, dans ses œuvres, elle a abordé plusieurs questions et thèmes sensibles, tels que la condition de la femme kabyle, les kabyles assassinés en 2001, la question identitaire notamment ainsi que la liberté et la quête de l’amour.

A son décès, beaucoup parmi ses admirateurs et ceux qui voyaient en elle un espoir pour la langue la Kabyle et une voix pour les femmes kabyles, ont exprimé leur regret et leur tristesse. Plusieurs hommages lui ont été rendus suite à sa disparition, notamment au café littéraire de Bgayet, à son 33e anniversaire en 2018.

dihya lwiz